Aller au contenu
NELSE — Rules into realityNELSE — Rules into reality
Tous les décryptages

Formation réglementaire · 5 min

AI Act, article 4 : faut-il obligatoirement former tous les salariés à l'IA ?

Ce que l'article 4 impose réellement, ce qu'il ne prévoit pas et comment préparer une démarche proportionnée aux usages et aux rôles de chacun.

Analyse de la rédaction NELSEPublié et mis à jour le 24 octobre 2026Lecture : 5 min

Analyse d'information fondée sur des sources officielles. Ne constitue pas une consultation juridique individualisée ni une certification de conformité.

EN 30 SECONDES

Pour qui : DRH, dirigeants, responsables IA, DPO, organismes de formation

  • L'article 4 concerne des mesures de maîtrise de l'IA adaptées aux usages.
  • Il n'impose pas une certification ou une formation standard identique pour tous.
  • Une démarche crédible part des rôles et des risques, puis documente les mesures décidées.

Une vraie obligation, mais pas une formation universelle

Depuis le 2 février 2025, l'article 4 du règlement européen sur l'intelligence artificielle s'applique aux fournisseurs et déployeurs de systèmes d'IA. Il porte sur les mesures favorisant la maîtrise de l'IA par les personnels et autres personnes qui interviennent pour leur compte.

La Commission européenne précise que le cadre est contextuel : il ne prescrit pas une certification individuelle obligatoire, un programme unique ou une preuve de réussite identique pour chaque salarié. La forme dépend notamment de l'usage, du niveau de connaissance et des risques associés.

Les questions-réponses officielles signalent également les changements entrés en vigueur en juillet 2026 : l'obligation de soutenir la maîtrise de l'IA demeure, sans imposer un niveau de compétence individuel spécifique.

À retenir

L'obligation porte sur une démarche de maîtrise de l'IA, et non sur l'achat d'un certificat générique.

Un développeur, une secrétaire médicale et un dirigeant n'ont pas les mêmes besoins

Un collaborateur qui résume des notes sans données sensibles, un professionnel de santé qui utilise un outil d'aide et une équipe qui met en service un système intégré à des décisions importantes n'exposent pas l'organisation aux mêmes conséquences.

Un programme utile commence donc par une cartographie des systèmes effectivement utilisés, des personnes qui les exploitent, des types de données traitées et des décisions susceptibles d'en résulter. Les instructions d'utilisation seules peuvent ne pas suffire, selon le contexte.

Construire un programme proportionné en quatre étapes

Le responsable IA et les équipes concernées peuvent construire une démarche progressive et documentée. Elle ne dispense pas de vérifier les exigences spécifiques applicables à certains systèmes, notamment lorsqu'ils sont qualifiés à haut risque et soumis à d'autres obligations.

  • Recenser les usages d'IA officiels et les usages susceptibles d'échapper aux circuits approuvés.
  • Distinguer les rôles : direction, métiers, RH, DSI/RSSI, soignants, juristes, fournisseurs ou déployeurs.
  • Former à reconnaître les limites des résultats, à protéger les données et à solliciter une intervention humaine quand elle est nécessaire.
  • Conserver les programmes, participants, supports, évaluations utiles et décisions d'amélioration, selon la politique retenue.

Quels KPI pour une politique de maîtrise de l'IA ?

Le nombre de personnes ayant assisté à une présentation est un indicateur pédagogique, pas une preuve de conformité globale. Un pilotage plus intéressant regarde aussi les usages couverts, les équipes à risque, les incidents, les décisions escaladées et les mises à jour effectuées lorsque les outils évoluent.

La valeur commerciale d'une formation réglementaire ne réside donc pas dans la quantité de diapositives présentées. Elle réside dans les pratiques observables que les équipes sont ensuite en mesure d'appliquer.

Former, puis intégrer les contrôles aux outils

La formation apporte les réflexes. Pour les usages nécessitant des vérifications récurrentes, une organisation peut ensuite étudier l'intérêt d'intégrer des contrôles dans ses logiciels et de conserver les décisions ou exceptions dans un dossier vérifiable.

NELSE propose de cadrer ces deux étapes séparément : d'abord une sensibilisation adaptée, puis éventuellement un pilote logiciel limité à des cas et des réglementations explicitement identifiés.

À retenir

La réussite n'est pas « tout le monde a suivi le même cours », mais « les bonnes personnes savent quoi vérifier et quand escalader ».

Textes et sources officielles

Liens vers les sources primaires consultées lors de la préparation de ce décryptage. Vérifiez toujours la version et la date d'application pertinentes pour votre situation.

DU DÉCRYPTAGE À L'ACTION

Découvrir les formations réglementaires NELSE

La qualification, le contrôle et la preuve doivent être évalués sur un dossier réel, dans un périmètre clair.